INFO COGNITO 29 Juin [La cour des grands ]

Si vous avez des enfants, vous cogitez sans doute au meilleur moyen de leur assurer un avenir professionnel radieux. Vous savez que la transition entre les études et le premier emploi n’est guère simple. Et vous vous dites sans doute que le meilleur moyen de garantir un emploi prometteur à vos enfants est de leur faire suivre une formation longue dans un domaine qui intéresse les entreprises.

Bref, vous pensez sans doute qu’un bac+5 en gestion est le sésame pour raccourcir le trajet entre les études et l’emploi.

 

C’est normal, c’est dans votre tête.

 

Le chômage des jeunes diplômés de bac +5 est une spécificité française : tandis que les autres jeunes de pays européens d’Europe occidentale sont près du plein emploi (3,7%), les jeunes diplômés français sont 9,2% à être à la recherche d’une insertion professionnelle un an après la fin de leurs études. D’où vient cette exception française ?

 

Pour répondre, l’équipe de la chaire Compétences, Employabilité et Décision RH (EM Normandie) a comparé les étapes d’accès à l‘emploi des jeunes français avec celles des jeunes Européens de 5 pays comparables. 682 jeunes diplômés de master de gestion ont été suivis de janvier 2017 (6 mois avant leur fin d’études) à septembre 2018. Les données recueillies permettent de repérer des types de trajectoires différentes selon les pays.

 

Comment expliquer ces différences de parcours pour des jeunes de compétences égales ?

 

Les chercheurs se sont assurés que les différences de trajectoires ne s’expliquent ni par les différences de croissance ni par les différences de rigueur dans la protection de l’emploi. Il faut donc questionner la rationalité des acteurs et les processus de décision en matière d’embauche. Or dans certains pays, l’image des jeunes comme salariés est fortement stéréotypée : un stéréotype concernant les spécificités comportementales des jeunes explique 18,4% des différences de trajectoires en France. Cette peur d’un « péril jeune » est plus forte en France qu’ailleurs : elle explique les réticences françaises à offrir un emploi à un jeune diplômé. S’il faut plus de temps pour trouver un emploi aux jeunes Français, c’est qu’à compétences égales, les jeunes sont perçus comme moins attractifs en France que dans les autres pays européens. 

 

L’employabilité n’est pas qu’un stock de compétences à apparier aux besoins des marchés. C’est aussi la perception, par les acteurs du recrutement, des compétences et des potentiels des individus. Et cette perception est imprégnée par les croyances qui organisent la vie sociale. 

 

Conclusion : la prochaine fois que Jean-Michel vous demandera conseil pour orienter ses enfants, demandez-vous ce qui éloigne le plus les jeunes très diplômés de l’emploi : leur compétences ou les stéréotypes avec lesquels on les interprète

 

Plus d'articles

Idées

INFO COGNITO 29 Juin [La cour des grands ]

Si vous avez des enfants, vous cogitez sans doute au meilleur moyen de leur assurer un avenir professionnel radieux. Vous savez que la transition entre

Idées

INFO COGNITO 22 Juin [Forever Young ]

Le citoyen averti que vous êtes sait bien que les populations les plus vulnérables en matière d’emploi sont les jeunes et les séniors. Vous savez

Idées

INFO COGNITO 16 Juin [Confinement blues ]

Bientôt la fin du confinement et bientôt le retour au bureau ! Certes, ce retour sera progressif tant les freins sont encore nombreux. Beaucoup de salariés

Idées

INFO COGNITO 25 Mai [Help ]

Vous arrive-t-il de demander de l’aide à vos collègues ? Oui, évidement. Et, dans de tels moments, vous vous êtes demandé qui solliciter. Choisir à qui

Idées

INFO COGNITO 19 Mai [Learning by falling? ]

On dit souvent qu’on apprend de ses erreurs. On dit aussi qu’on apprend en suivant des maîtres, c’est-à-dire en observant les comportements de personnes excellentes.

A propos de Saven

Chez Saven, nous rêvons que chacun soit recruté là où ils peut vraiment réussir. Pour cela, nous conduisons des recherches fondamentales et appliquées, nous explorons, découvrons et innovons. Nous challengons en permanence l’existant. Nous adorons aller là où les autres ne vont pas.

Bref, nous sommes des Assessment Game Changers.