INFO COGNITO 11 Mai [Faut-il avoir la vocation ? ]

En ces temps post-modernes, où la réussite individuelle se mesure plus en satisfaction qu’en salaire, vous vous êtes peut-être dit que la vocation (pour un métier, pour un secteur…) pouvait être la clé du succès.

Et peut-être même pensez-vous que bienheureux sont ceux qui ont trouvé leur vocation professionnelle en ce bas monde. C’est normal, c’est dans votre tête.

 

Les travaux sur la vocation connaissent une croissance exponentielle depuis 10 ans. On y trouve des travaux sur la vocation perçue (perceived calling), c’est-à-dire sur le sentiment d’avoir trouvé sa vraie voie professionnelle. On y trouve aussi des recherches sur la vocation vécue (lived calling) c’est-à-dire le sentiment d’être à sa juste place dans ses fonctions et de vivre un emploi qui correspond parfaitement à sa vocation. Mais Evgenia Lysova, Paul Jansen, Svetlana Khapova, Judith Plomp et Maria Tims ont voulu savoir si la vocation rendait plus employable.

Patatras : plus les personnes disent avoir une vocation, moins ils réussissent. Pour un même métier, les personnes « à vocation » progressent moins en compétences et en salaire. Leurs compétences sont moins bien appréciées par leurs managers. Et Lysova en conclut que la vocation est épée à double tranchant.

 Pourquoi ?

 

Les personnes à vocation se heurtent à deux difficultés. Les recruteurs détestent l’argument de la vocation. Lorsqu’un candidat prétend avoir la vocation pour le poste à pourvoir, son évaluation est en moyenne 1,5 fois plus basse que celle d’un candidat ayant les mêmes compétences et qui ne ferait pas mention d’une vocation. Et les recruteurs n’ont pas complètement tort…

 

Les personnes « à vocation » ont des attitudes dysfonctionnelles envers l’emploi. Vocation rime avec don : plus les individus croient avoir une vocation, plus ils se croient « doués » naturellement pour un emploi. Ils acceptent moins facilement la remise en cause de leurs performances et refusent plus souvent d’aller en formation. Ils ont aussi tendance à remettre plus facilement en cause leur entreprise que leurs propres comportements. Comme si la vocation donnait des compétences innées qu’il était impossible de critiquer.

 

 

En résumé, la vocation est sans doute un bel objectif : le monde serait plus beau si chacun était infiniment passionné par son emploi. Mais la vocation est surtout une croyance inadaptée sur l’emploi. Lire ses projets et sa carrière au prisme de la vocation, c’est se percevoir comme doué et destiné à un type d’emploi unique. Cette croyance conduit donc à limiter les opportunités à saisir. La croyance en la vocation conduit donc à des choix de carrière erronés. La croyance en la vocation est donc une croyance très malfaisante, qui tend à retarder la prise de conscience des réelles compétences et des réels intérêts professionnels. Elle est un puissant facteur de démotivation et de sous-performance. Heureusement, la croyance en la vocation est l’un des schémas cognitifs évalués dans les outils Saven.  Merci qui ?

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